EGLISE EVANGELIQUE LUTHERIENNE PAROISSE DE LA TRINITE

                  

 

 

Le message du pasteur sur

Apocalypse 3 : 11

A l'occasion du culte de jubilé du 150e anniversaire de la paroisse

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Chère paroisse jubilaire ! Frères et sœurs !

Nous célébrons aujourd’hui le 150e anniversaire de la naissance de la paroisse de la Trinité de Heiligenstein.

Quand on fête l’anniversaire d’une personne, c’est généralement l’occasion de formuler des vœux de bonheur, de faire des cadeaux, de convier à un verre de crémant… Ce devrait aussi être l’occasion de remercier Dieu, l’auteur et le conservateur de la vie, pour toutes les bénédictions reçues et de placer les années à venir entre les mains de Dieu.

 

Il en va un peu de même lors de la célébration d’un jubilé qui commémore un événement important. Et plus le « Geburstagskind » (celui ou ce dont on fête l’anniversaire) est âgé – en l’occurrence, il s’agit d’un 150e anniversaire – plus on donnera de solennité à l’événement.

Comment célébrons-nous ce jubilé ? En nous réunissant pour nous réjouir ensemble et en organisant diverses manifestations. Hier soir, ce fut l’occasion d’un concert Gospel. Aujourd’hui, d’un culte solennel. L’existence de la paroisse étant l’œuvre de Dieu, il convient bien évidemment de l’associer à cette fête en lui réservant la première place et de se mettre à son écoute pour recevoir un message adapté à la circonstance.

Quel message le Seigneur pourrait-il bien nous adresser en cette l’occasion ? Ce pourrait être cette parole de Jésus à l’Eglise de Philadelphie, l’une des 7 Eglises mentionnées dans l’Apocalypse :

 

« Tiens ferme ce que tu as, afin que personne ne prenne ta couronne ».

En d’autres termes : Chère paroisse,

** Considère ce que tu as

** et retiens-le soigneusement

 

1.       Frères et sœurs, le Seigneur vous invite à vous souvenir de ce que vous avez !

Vous possédez un beau trésor et un magnifique héritage : celui de l’Evangile du salut par la foi en Jésus-Christ. Je voudrais vous rappeler en deux mots en quoi il consiste.

Mais peut-être penserez-vous : « Il va nous redire des choses que nous savons depuis longtemps, depuis notre enfance ; des vérités qu’on nous annonce tous les dimanches ». Je reviendrai tout à l’heure à l’interprétations qu’on peut donner à cette réflexion. En attendant, voici un court aperçu de votre riche héritage :

Vous possédez l’Evangile, et qui plus est, non frelaté. Vous connaissez les vérités fondamentales qui concernent Jésus, le Fils de Dieu devenu homme qui a mené une vie de totale sainteté et qui s’est chargé de vos péchés pour les expier sur une croix. Il vous suffit de croire en Jésus pour devenir justes devant Dieu, si bien que dès maintenant, vous pouvez vous présenter sans crainte devant son trône. Vous n’êtes pas obligés de mériter le Ciel par des œuvres, de l’argent ou des souffrances. Vous avez la conscience tranquille et vous possédez une joie que même les épreuves de la vie ne peuvent pas vous enlever.

Chère paroisse, voilà en résumé « ce que tu as ». Et de ces vérités, vous pouvez effectivement dire : « Tout cela, nous le savons depuis longtemps. On nous l’annonce tous les dimanches. »

Ce commentaire pourrait être l’expression désabusée d’un certain ennui et d’une lassitude « Ouais, on connaît tout cela ; ce n’est pas la peine de nous le répéter ». Mais ce n’est pas ainsi que vous l’entendez. Tout au contraire, pour vous, ce commentaire exprime le grand bonheur qui est le vôtre en ce jour : « Oui, nous avons l’immense privilège de connaître l’Evangile depuis longtemps et nous en sommes infiniment reconnaissants à Dieu ».

Il n’empêche qu’il faut quand même faire attention à ce que ne s’installe pas au fil des années une sorte de lassitude qui conduirait à trouver banal, normal, ou même sans grande valeur « ce que nous avons ».

Nous mangeons tous les jours à notre faim. Il nous suffit de tourner le robinet pour que coule une eau pure. Nous respirons un air pas trop pollué : au 19e siècle, Frédéric Horning venait même à Heiligenstein pour profiter de l’air pur durant ses congés. Tout cela paraît normal. Mais vous savez que tout le monde n’est pas logé à la même enseigne, – beaucoup s’en faut. Ce n’est pas parce que nous disposons de ces biens en abondance qu’il faudrait ne plus les apprécier et oublier d’en remercier Dieu.

De même, nous disposons de l’Evangile en abondance. Cela ne doit pas nous faire perdre de vue sa grande valeur. Une importante fraction de l’humanité ne dispose pas de cette richesse.

Pour évaluer à sa juste mesure la grâce de Dieu qui vous a été faite, il faut d’une part bien réaliser tout ce que l’Evangile apporte : rien moins que la vie éternelle. Mais il faut aussi considérer la somme de miracles qu’il a fallu pour que l’Evangile parvienne jusqu’à vous dans son intégrité, en sorte qu’aujourd’hui, vous pouvez dire : « Tout cela, nous le savons depuis longtemps ».

Faisons un petit survol de l’Histoire de l’Eglise en remontant au-delà de la création de la paroisse il y a 150 ans, jusqu’aux débuts du christianisme : vous verrez que l’Evangile annoncé par le Christ et les apôtres, il y a près de 2000 ans, ne nous est pas parvenu selon un parcours rectiligne : ce parcours a été très chaotique à cause du diable qui n’a cessé de travailler à obscurcir l’Evangile, à le frelater, à le noyer sous des flots d’erreur et d’inventions humaines.

Des erreurs se sont infiltrées très rapidement dans l’Eglise. En voici quelques exemples :

·         Vers l’an 200 apparaissent les prières pour les morts

·         Vers 350 le culte des saints

·         Autour de 500, la notion de purgatoire

·         En 1074, le célibat obligatoire des prêtres

·         Dès le 11e siècle, les indulgences.

·         Sont aussi apparu au fil des siècles la notion du sacrifice de la messe, le retranchement de la coupe

·         Et bien sûr, le salut par les œuvres s’est imposé très rapidement au détriment du salut par la foi en Jésus.

Tant et si bien qu’à la sortie du Moyen-Age, l’Evangile était enseveli sous d’épaisses couches de traditions et d’erreurs en contradiction avec les Ecritures. En ce temps-là, les fidèles ne pouvaient pas dire : « Le salut par grâce et par la foi en Jésus, on connaît cela depuis notre enfance… » : le Christ était perçu comme un juge sévère qui vous attendait au tournant pour vous condamner si vous n’aviez pas le compte de bonnes œuvres. Or le compte n’y était jamais.

Si la lumière de l’Evangile a finalement de nouveau brillé au 16e siècle, c’est grâce au miracle de Dieu qui a suscité le Réformateur Martin Luther.

Déjà avant lui, et sans doute de tout temps, des croyants courageux avaient lutté pour rétablir la vérité biblique. J’imagine que les noms de beaucoup de valeureux témoins sont tombés dans l’oubli parce qu’on les a ignorés ou réduits au silence. Par contre, on connaît les tentatives d’un Pierre Valdo au 12e siècle à Lyon, d’un John Wyclif au 14e siècle en Angleterre, d’un Jan Hus au 14e/15e siècle en Bohême. L’impact de leur entreprise fut cependant limité, car on fit tout pour étouffer leur message et Jan Huss mourut sur un bûcher à Constance.

Par contre Dieu a préservé Luther et lui a permis de mener l’œuvre de la Réformation à son terme : l’Evangile a pu se propager dans une grande partie de l’Allemagne, de l’Europe et plus tard dans le monde entier. Dans la chrétienté plongée dans les ténèbres, la lumière brillait à nouveau.

Mais le diable a poursuivi sa funeste entreprise et est de nouveau parvenu à obscurcir l’Evangile, y compris dans l’Eglise de la Réforme.

Après un temps d’épanouissement de l’Evangile durant la période de l’« orthodoxie luthérienne », ainsi nommée parce que l’enseignement était droit et la piété authentique, vint un temps de relâchement avec l’« orthodoxie morte » : l’enseignement restait correct, mais servit de paravent à un laisser-aller en matière de pratique et de vie chrétienne.

Survint le piétisme : sans doute par réaction, on fit porter l’accent sur la vie nouvelle du chrétien, mais de façon légaliste et au détriment de l’enseignement doctrinal. C’était un retour subtil du salut par les œuvres, avec des accents de sentimentalisme.

Survint le rationalisme au 18e siècle : tout fut passé au crible de la raison. Une catastrophe pour les Eglises – y compris luthériennes : la Bible fut disséquée. On en vint à nier les vérités fondamentales telles que la résurrection du Christ ; vous imaginez le sort qu’on réservait aux autres miracles et enseignements de la Bible.

Nous voilà au 19e siècle : Frédéric Théodore Horning, né en 1809, devient pasteur. Mais c’est une vieille paroissienne sur son lit de mort qui est obligée de lui ouvrir les yeux en lui disant qu’elle n’entendait pas être sauvé par sa vie pieuse, mais par les mérites du Christ. Horning découvre la foi chrétienne authentique et devient le promoteur du Réveil en Alsace : c’est le retour à la foi biblique. Son influence est grande en Alsace et touche de nombreuses paroisses.

A Heiligenstein, un groupe de paroissiens tient à la vérité biblique et exige de la Direction de l’Eglise un pasteur fidèle. Ne l’obtenant pas, ils s’organisent en paroisse protestataire et choisissent eux-mêmes leur pasteur. Nous sommes en 1869 : la paroisse de la Trinité est née et la lumière de l’Evangile y brille. Grâce soient rendues à Dieu !

150 ans se sont écoulés. C’est long, un siècle et demi ; plus qu’il n’en faut pour que des erreurs s’infiltrent à nouveau. Eh bien non ! La preuve, c’est qu’aujourd’hui encore, vous pouvez dire : « Toutes ces vérités du salut, nous les connaissons depuis notre enfance ; on nous les prêche tous les dimanches ! »

Quel grand miracle quand on songe que les choses se sont parfois gâtées d’une génération à l’autre ! Sur les 7 Eglises mentionnées dans l’Apocalypse, il n’en est que deux – dont celle de Philadelphie – qui n’ont pas faibli. Quant aux autres, il a suffi d’une génération pour qu’elles soient infectées par l’erreur ou le péché. A la mort de Josué (le successeur de Moïse), Israël est retombé dans l’idolâtrie d’une génération à l’autre (Juges 2.10). Telle est la capacité de nuisance du diable.

Alors, que la paroisse de la Trinité soit encore au même niveau de fidélité qu’il y a 150 ans, c’est vraiment une grâce de Dieu. D’autant que les périodes de trouble n’ont pas manqué avec trois terribles guerres – 1870, 1914-18, 39-45 – avec les dangereuses secousses lui les ont accompagnées.

Chère paroisse, mesures-tu « ce que tu as » ? Vous rendez-vous compte du privilège qui est le vôtre de disposer d’un enseignement biblique transmis dans son intégrité ?

Comme au premier jour, on prêche ici que Jésus est le Fils de Dieu devenu homme, qu’il a expié nos péchés, qu’il est ressuscité, que nous ressusciterons nous-mêmes au Dernier Jour pour la vie éternelle. Nous voilà tranquilles. Nous ne vivons plus dans la peur ; à cela, on n’y pense pas assez : nous n’avons plus peur de Dieu ; il est notre Père bien-aimé ; nous n’avons plus besoin d’avoir peur de la mort ! Cela, c’est inestimable : quand je pense qu’il y a des gens que la seule évocation de la mort manque de faire tomber dans les pommes ! Je ne dis pas qu’il n’y a pas encore chez le croyant quelque appréhension face à la mort, à cause du vieil homme. Mais j’ai vu des croyants s’endormir en toute sérénité, quitter cette vie sans la moindre angoisse, pour entrer ainsi dans l’éternité bienheureuse.

Voilà ce qu’il convenait de rappeler en ce jour solennel : malgré les attaques de Satan et grâce aux courageux combattants suscités par le Seigneur, vous pouvez dire aujourd’hui : « L’Evangile, mais nous le connaissons depuis longtemps ; on nous le prêche tous les dimanches. » On en aurait presque les larmes aux yeux… Merci Seigneur, du fond du cœur ! Or

2. Ce que tu as, retiens-le soigneusement

Que veut dire Jésus quand il vous demande de « retenir » « ce que tu as ? » Cela signifie qu’il faut veiller précieusement sur ce trésor, avec la plus grande attention et dans la prière. Y veiller pour que vous puissiez continuer d’en bénéficier ; et aussi pour en faire bénéficier d’autres, au près ou au loin, par votre témoignage et la mission.

Vous aurez besoin de l’Evangile tout au long de votre vie. La vie est longue, semée d’embûches et d’épreuve. Vous aurez encore besoin d’être exhortés à la repentance, consolés par l’absolution, soutenus dans l’épreuve, encouragés à progresser dans la vie nouvelle et l’amour du prochain.

Vos Pères vous ont légué cet héritage parfois au prix de luttes difficiles ; à vous de le transmettrez à vos enfants et aux générations futures…

… A le transmettrez dans son intégrité.

Peut-être demanderez-vous : mais ne peut-on pas aussi être sauvé quand l’Evangile n’est pas enseigné dans toute sa pureté et quand il s’y mêle des erreurs ? Certes, et heureusement d’ailleurs : même lorsque l’enseignement est parfois confus ou corrompu, même quand il comporte parfois de grossières erreurs, dans la mesure où il subsiste un peu d’Evangile, il est possible que des personnes s’y accrochent à l’heure de la mort.

A l’époque de Luther, on lisait tout de même encore les péricopes dans les églises. Même s’il ne restait plus grand-chose, il subsiste toujours quelques miettes d’Evangile, par exemple dans des éléments de liturgie, dans d’anciens cantiques...

Luther se réjouissait de ce que malgré les grossières erreurs de son époque, les enfants étaient baptisés conformément à l’institution du Seigneur et étaient sauvés.

Il raconte aussi un souvenir d’enfance : son père avait veillé le vieux comte de Mansfeld sur son lit de mort (Mansfeld est la localité où Luther a grandi). Or avant de mourir, le comte avait dit qu’il entendait quitter ce monde en se confiant uniquement aux amères souffrances et à la mort de notre Seigneur Jésus-Christ.

Tout comme le comte de Mansfeld, beaucoup de personnes sont sauvées grâce à ce qu’on appelle une « heureuse inconséquence » : la personne oublie le reste pour ne s’accrocher qu’à la seule grâce de Dieu au moment de la mort.

Mais alors, pourquoi insister sur la pureté doctrinale ? Le simple bon sens nous dit que lorsque la Parole de Dieu est proclamée en abondante et dans sa pureté, elle agit plus efficacement que lorsqu’elle l’est de façon confuse et dans un contexte d’erreurs. Une soupe aux légumes nourrit mieux son homme lorsqu’elle contient beaucoup de bons légumes plutôt que quelques rares légumes à moitié pourris.

Mais à vrai dire, c’est Dieu lui-même qui exige un enseignement fidèle. L’apôtre Paul écrit à Tite (2.7) : « Donne un enseignement pur, digne, une parole saine, irréprochable ». Et Paul prévient (1 Cor 5.7) : « Un peu de levain fait lever toute la pâte ».

Parfois, on se demande : « Une petite erreur, qu’est-ce cela peut bien faire ? » Le problème, c’est qu’elle agit comme le levain. Si l’on tolère une erreur, il n’y a pas de raison que cela s’arrête. L’erreur fait des petits. L’histoire en fournit d’abondants et de dramatiques exemples.

La pureté doctrinale n’est pas une option.

Retiens ce que tu as.

Je me suis souvent demandé comment les erreurs et les déviances se sont insinuées dans l’Eglise au fil du temps. A cause du diable, évidemment. Mais comment a-t-il procédé ? Par des moyens très divers :

·         en endormant les croyants et en les conduisant à négliger les exhortations à la vigilance

·         en créant une lassitude par rapport à l’Evangile et de la négligence par rapport à l’étude de la Bible : « C’est toujours pareil ; on connaît tout cela… »

·         en donnant aux gens – comme dit l’apôtre – la démangeaison de choses nouvelles

·         en enfumant les croyants avec des philosophies ou des courants de pensée pervers ; le rationalisme en est un exemple

·         en suggérant qu’il faut profiter de la vie maintenant plutôt que d’espérer en des promesses d’un lointain et hypothétique paradis…

Retiens ce que tu as.

Au fait, à qui Jésus dit-il cela ? Au pasteur ? Aux membres laïcs ? Non, il s’adresse à l’Eglise de Philadelphie, c’est-à-dire au pasteur ET aux paroissiens : tous sont responsables de l’enseignement et de la pratique. Chaque paroissien est concerné. Regardez ce qui s’est passé ici il y a 150 ans : est-ce que ce ne sont pas les membres laïcs qui ont protesté et appelé un pasteur fidèle ?

Mais bien sûr, veiller ne veut pas dire chipoter sur ce qu’on appelle les adiaphora, des questions qui relèvent de la tradition ou d’habitudes, mais auxquelles l’âge ne confère pas la valeur de vérités bibliques.

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Retiens ce que tu as.

Autre point très important : dans la bouche de Jésus, ces paroles ne signifient pas : « Enferme ce que tu as », « caches le soigneusement ». Mais plutôt : « Retiens soigneusement ce que tu as pour en faire profiter d’autres » ; pas seulement tes enfants, mais également ton entourage proche ou éloigné. Veilles-y dans un but de témoignage et de travail missionnaire efficace. »

Chers paroissiens, durant le temps que Dieu vous donne encore, vous continuerez à vous appliquer au témoignage individuel et collectif pour faire rayonner l’Evangile.

Rendre témoignage dans un village n’est pas facile. Mais ce n’est pas totalement impossible non plus ; d’ailleurs, personne n’a dit qu’il fallait se cantonner à ce lieu.

Permettez-moi d’évoquer deux souvenirs d’enfance :

Je me souviens de discussions passionnées de mon père avec Gottfried, un habitant du village et un ami de la famille dont les anciens se souviennent : il semblait prendre à la légère ce que mon père prenait très au sérieux et aimait bien le narguer. Or, il se pourrait bien que des éléments de ces conversations soient revenus à l’esprit de Gottfried, pour sa plus grande consolation, au moment de sa mort à l’hôpital de Sélestat.

Nous étions une fois au Lindel sur un banc sous les châtaigniers. Mon père a entamé une discussion religieuse avec un monsieur catholique de je ne sais plus quel village environnant ; cette personne se montrait vraiment très intéressée.

Dans les deux cas, pas de nouveau membre pour la paroisse, mais un témoignage. Ce que je veux dire : bien sûr que nous devons avoir le souci de voir grandir la paroisse. Il n’en demeure pas moins que notre premier souci, en témoignant, doit être le salut de l’âme de notre interlocuteur.

 Du temps où je me rendais à Troyes pour des cultes, une dame est une fois entrée tout affolée dans mon compartiment dans le train à Mulhouse : elle avait failli manquer le train. La conversation se mua en discussion religieuse de Mulhouse jusqu’à Troyes. J’étais resté en relation avec elle ; j’espérais même qu’elle prendrait contact avec une paroisse de la région parisienne. Cela ne s’est pas fait. Mais il y a eu un témoignage.

Ceci pour dire que vous avez certainement des exemples analogues à raconter, et que c’est ce genre d’action que vous allez poursuivre : profiter de toutes les occasions pour partager votre foi avec des amis, des collègues, des gens de rencontre, ici ou ailleurs, à l’hôpital, dans le train, au travail, au camping... Parfois, vous offrirez simplement une brochure chrétienne, le Culte Quotidien, Amitiés luthériennes... Justement, cela tombe bien : du bon matériel missionnaire vient de paraître ! On vous en parlera tout à l’heure…

Votre témoignage ne sera pas seulement individuel, mais collectif.

La simple existence de la paroisse qui a pignon sur rue, qui est connue pour son orientation théologique, qui a son site Internet, est importante.

Mais la paroisse n’est pas simplement statique : il y a les témoignages individuels que je viens d’évoquer. Vous continuerez aussi à faire ce qui s’est fait dans le passé, en organisant des fêtes de Missions, plus ouvertes maintenant puisqu’elles se déroulent dans une structure neutre. La fête des missions est importante : elle sensibilise à l’action missionnaire et collecte des fonds pour la mission intérieure et en terres lointaines, en Afrique, à Haïti ou ailleurs. N’oublions pas non plus les témoignages lors des cérémonies d’inhumation.

La paroisse continuera aussi à participer à la diffusion de l’Evangile par son soutien à des publications chrétiennes, au travail de l’Heure Luthérienne et à d’autres œuvres. Et qui sait si un jour, un jeune homme ne se destinera pas de nouveau au ministère pastoral ? La toute petite paroisse de Burgdorf (en Suisse) a trois étudiants en théologie.

Combien d’âmes seront sauvés par tous ces efforts ? On en fera le décompte, un jour, dans l’éternité.

Retiens ce que tu as

Ah ! Si nous étions plus nombreux, ce serait plus facile. 67 chefs de famille, 334 âmes il y a 150 ans ; et aujourd’hui ? C’est vrai ! Mais nous vivons une ère post-chrétienne. Peut-être sommes-nous plus proche de la fin des temps que nous ne le pensons.

En attendant, allez-vous baisser les bras ? Ce serait une bien mauvaise manière de retenir « ce que tu as ». Non, cette paroisse dispose encore un potentiel ; seulement, il faudrait que tous s’y mettent, que l’un ou l’autre se réveille, en particulier parmi les jeunes. Puisse ce jubilé provoquer un sursaut en vue d’un engagement actif et passionné de tous au sein de la paroisse !

Jésus avait promis à l’Eglise de Philadelphie de lui ouvrir une porte (Apoc. 3.8) pour la mission. Je ne sais pas si le Seigneur a prévu de faire cela ici. Mais il est capable de surprendre : regardez la paroisse de la Croix à Strasbourg où une porte s’est ouverte avec l’arrivée inattendue d’Iraniens !

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Frères et sœurs ! Ici comme ailleurs, le travail doit se poursuivre dans la foi et la prière ; un travail que le Seigneur ne manquera pas de bénir. N’oubliez pas que l’enjeu de tout cela, c’est une belle couronne : la « couronne de la Vie ». Amen


      



Pasteur Frédéric BOHY



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