EGLISE EVANGELIQUE LUTHERIENNE PAROISSE DE LA TRINITE

                  

 

 

Le message du pasteur sur

1 Jean 1 


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La première épître de Jean n’est nulle part signée par cet apôtre, il n’y a que l’Apocalypse où figure directement son nom. Mais aussi loin que remonte la tradition telle que nous l’avons aujourd’hui, c’est-à-dire à des générations qui avaient encore pu connaître l’apôtre ici-bas, elle a toujours été accueillie dans l’Eglise comme venant de lui, Jean dans l’Apocalypse, « le disciple que Jésus aimait » dans son Evangile, pas encore l’Ancien comme dans ses deux autres lettres, mais appelant ses destinataires « mes petits enfants ».
Et cette lettre est dans le même style que son évangile, de fait, elle lui fait écho, elle le reprend comme point de départ, elle s’y réfère implicitement, et nous allons le faire aussi pour bien entendre l’enseignement que Jean poursuit ici.

Ainsi l’introduction de sa lettre reprend l’introduction de son évangile et nous devient d’autant accessible, si nous connaissons cet évangile, et cette Bonne Nouvelle dont il désire témoigner aux destinataires de sa lettre.
Les premiers mots de l’évangile de Jean sont les mêmes que ceux de la Genèse, « au Commencement », annonçant que Celui par qui tout a été créé est Celui qui vient dans sa création pour la restaurer, la renouveler, la régénérer, la re-créer. Ou, ici, « Ce » : « Ce qui était au commencement », la Parole, la Parole de vie, la Vie, la Lumière, leur manifestation dans ce monde, manifestation de Dieu dans ce monde : manifestation, apparition, révélation, mise en action.
Jean, au début de son évangile, dit qu’ « au commencement était la Parole », que « tout a été fait par elle », qu’ « en elle était la vie » et que « la vie est la lumière des hommes ».
Puis, il témoigne que, à son époque, « la Parole s’est faite homme, et elle a habité parmi nous ».
Cette Parole qui, au commencement, « était avec Dieu » et « était Dieu », lorsqu’elle s’est faite homme et a habité parmi nous, « nous », dit-il dans son évangile, « avons contemplé sa gloire, une gloire comme celle du Fils unique venu du Père ».
Ici, dans sa lettre, après avoir dit « Ce qui était au commencement », il ajoute « ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché, nous vous l’annonçons ». « Ce que nous avons entendu » - comme la Parole – « ce que nous avons vu » - comme la Lumière » - « ce que nous avons contemplé » - comme la gloire du Fils – « et que nos mains ont touché » comme le Vivant, tout cela concerne la Parole de Vie, tout cela est la Parole de Vie, cette Parole divine qui s’est faite homme. Voilà pourquoi Paul ajoute, nous vous l’annonçons, comme s’il annonçait une parole, comme s’il annonçait la parole, mais il annonce Celui qui est la parole, la vie, la lumière, le Fils de Dieu - Fils de l’homme : la Parole de Dieu faite homme, Jésus, le Messie, qu’il nomme peu après : « c’est avec le Père et son Fils Jésus-Christ que nous sommes en communion ».
Après s’être ainsi annoncé comme témoin de la Parole de Vie incarnée dans la personne du Fils, Jean se fait dans le même mouvement témoin de la vie, elle-même, comme s’étant manifestée de la même manière : elle était auprès du Père et elle s’est manifestée à « nous », à des témoins comme l’apôtre. La vie s’est aussi manifestée en Jésus-Christ, et de la même manière aux mêmes témoins : « nous l’avons vue et nous lui rendons témoignage ». Cette vie, que Jean annonce, c’est la vie éternelle. C’est le Dieu vivant uni à l’humanité.
Jean a en effet entendu Jésus, depuis le moment où il l’a rencontré au bord du Jourdain et suivi, depuis l’appel, la vocation que Jésus lui a adressée au bord du lac de Galilée, et jusqu’au bord de ce même lac après la résurrection de Jésus, jusqu’au moment même de l’Ascension de Jésus depuis les abords de Jérusalem. Jean a vu Jésus, que Jean-Baptiste lui a désigné comme « l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde », Jean l’a vu baptisé et oint (« messié », dirait la version de Chouraqui) du Saint-Esprit, Jean l’a vu transfiguré, Jean l’a vu crucifié, Jean l’a vu ressuscité, Jean l’a vu monter au Ciel. Jean a pu contempler la personne de Jésus, sa divinité et son humanité, dans ces évènements et d’autres encore. Jean a même pu le toucher de ses mains, même si c’est Thomas « le jumeau » qui est invité à toucher du doigt Jésus ressuscité, Jean a reposé contre la poitrine de Jésus, là où battait le cœur du Christ.
Jean a vu et entendu Jésus comme la manifestation de la Vie, il l’a vu apporter la guérison, il l’a entendu proclamer « Je suis la résurrection et la vie », il l’a vu ressusciter Lazare, il a vu Jésus lui-même ressuscité, et pour la vie éternelle.
Jean veut faire entrer ceux qui liront et entendront sa lettre dans la communion des témoins de cette Vie.
Jean a entendu Jésus dire « je suis dans le Père et le Père est en moi », bref, ils sont en communion. Jésus avait dit cela après leur avoir offert, dans le pain et la coupe de la Pâque, la communion à son corps et à son sang donné en sacrifice pour le pardon des péchés.
Jean se dit en communion avec le Père et le Fils, et veut attirer ses lecteurs et auditeurs dans cette communion. Le Fils de Dieu est en communion avec Dieu son Père, et nous humains sommes appelés à être en communion avec le Fils de l’homme. Par Jésus-Christ, nous sommes en communion avec Dieu.
Nous sommes appelés à être en communion les uns avec les autres comme Corps du Christ, et en communion avec son sang nous recevons la vie de lui.
Ce qui, pour Jean, est devenu une réalité palpable, il souhaite le partager. Cette réalité extraordinaire qu’il vient de décrire et que nous avons essayé de contempler à notre tour dans son témoignage, elle est une source de bonheur surabondant, et c’est une joie aussi de partager cette Bonne Nouvelle avec les destinataires de sa lettre, c’est son désir qu’ils entrent – que nous soyons – dans cette communion, et cela rendra sa joie complète. Joie complète quand tous ceux qui doivent être sauvés le seront, plénitude du peuple des rachetés.

Jean va maintenant revenir à une autre révélation en Christ, celle de la lumière.
Dans son évangile, Jean avait dit qu’en la Parole divine était la vie, et que la vie est la lumière des hommes. On a tendance à penser l’inverse : la lumière rend la vie possible, elle est nécessaire à la vie, elle favorise la vie, nous le voyons dans le printemps, l’arrivée des beaux jours en ce moment même. Jean dit que la vie est la lumière des hommes. Et il en est ainsi dans la révélation biblique du Commencement : Dieu, le Vivant, fait jaillir la lumière. La première parole de Dieu – la première manifestation de la Parole créatrice dans le récit du Commencement – est le fameux « fiat lux » : « que la lumière soit ! ».
Ici, Jean dit que Dieu est lumière.
Comme dans le prologue de son évangile, il oppose la lumière aux ténèbres. Dans la Genèse, après l’apparition de la lumière, elle est séparée des ténèbres. Dans l’évangile de Jean, « elle brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas accueillie ». Dans cette première épître, « Dieu est lumière et il n’y a pas de ténèbres en lui ».
Paul en tire la conséquence pour nous : si nous sommes en communion avec Dieu, nous devons être dans la lumière, nous ne pouvons pas être dans les ténèbres. Cette communion à Dieu dans la lumière se produit de deux manières.
Paul le dit clairement : si nous sommes dans les ténèbres, nous ne sommes pas en communion avec Dieu, puisque Dieu est lumière et qu’il n’y a pas de ténèbres en lui. Si nous marchons dans la lumière, nous sommes bien en communion avec Dieu et avec tous ceux qui sont dans cette communion.
Comme Jacques appelle Dieu « le Père des lumières », Paul nous explique ce qu’est être « des enfants de lumière ». Mais nous pouvons encore plus directement nous rapporter à l’enseignement de Jésus lui-même, tel que le rapporte … Jean, dans son évangile. Jésus y dit à Nicodème, docteur d’Israël c’est-à-dire enseignant du peuple de Dieu : « La lumière est venue dans le monde et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière parce que leur manière d’agir était mauvaise. En effet, toute personne qui fait le mal déteste la lumière, et elle ne vient pas à la lumière pour éviter que ses actes soient dévoilés. Mais celui qui agit conformément à la vérité vient à la lumière afin qu’il soit évident que ce qu’il a fait, il l’a fait en Dieu. »
Marcher dans la lumière, c’est donc faire les œuvres de Dieu, c’est agir en communion avec Dieu. Jean parle bien de marcher « dans la lumière, tout comme Dieu est dans la lumière », et Paul dit que nous sommes l’ouvrage de Dieu, « créés en Jésus-Christ pour des œuvres bonnes que Dieu a préparées d’avance afin que nous les pratiquions ». Notre communion avec Dieu est bien en Jésus-Christ, et elle est ainsi aussi communion avec tous ceux qui sont en Christ ! Voilà aussi pourquoi il est écrit que nous ayons l’Esprit qui était en Christ : l’Esprit-Saint, l’Esprit de vérité pour mettre la vérité en pratique, contrairement à ceux qui marchent dans les ténèbres. Une communion d’Esprit, une communauté de vue avec Dieu.
Mais cette communion avec Dieu, dans sa lumière, se produit d’une autre manière. Car le pécheur que nous étions demeure actif en nous, tant que nous ne mourons pas dans ce monde. Et autant Jean dit que nous sommes appelés à marcher dans la lumière et non dans les ténèbres, autant il insiste sur le fait que ne pas nous considérer encore pécheur serait une illusion, serait justement marcher dans les ténèbres. Nous croire ou nous affirmer sans péché serait faire de Dieu un menteur et serait nous tromper nous-mêmes.
La lumière fait aussi apparaitre en plein jour ce qui est mauvais, elle permet de démasquer les œuvres des ténèbres. Voilà pourquoi « toute personne qui fait le mal déteste la lumière, et elle ne vient pas à la lumière pour éviter que ses actes soient dévoilés ». Alors pourquoi laisserions nous nos mauvaises œuvres être révélées, mises au jour, exposées à la lumière ? Parce que « si nous reconnaissons – si nous confessons – nos péchés, il – Dieu – est fidèle et juste pour nous les pardonner ». Parce que « le sang de Jésus-Christ son Fils nous purifie de tout péché ». C’est aussi cela, bien sûr, la communion au Christ, la communion en Christ. Ainsi, dans cette communion avec Dieu par Jésus-Christ, la lumière de Dieu chasse les ténèbres de notre vie.
Lorsque nous reconnaissons nos péchés – qu’ils ont été mis en lumière et que nous ne les avons pas cachés – alors nous ne marchons pas dans les ténèbres.
Car Jean insiste pour que nous marchions dans la lumière de Dieu : « je vous écris cela afin que vous ne péchiez pas ». Mais il nous rappelle aussi ce que cette lumière, ce que la communion à Dieu en Jésus-Christ produit face au péché. Jésus, le Juste, celui en communion avec qui nous grandissons et agissons comme des justes, est la victime expiatoire pour nos péchés, celui qui les efface par son sang.
Cela, c’est vrai pour tous les hommes, car il est la victime expiatoire pour les péchés du monde entier, il est l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde.
Alors, vivons la joie du Salut : la communion avec Dieu et la libération du péché. Vivons la joie du Salut en en témoignant, en invitant les autres dans cette communion, et qu’eux aussi bénéficient du sang de Jésus versé pour tous. Amen.


Pasteur Philippe VOLFF



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