EGLISE EVANGELIQUE LUTHERIENNE PAROISSE DE LA TRINITE

                  

 

 

Le message du pasteur sur

Luc 6 : 36-42


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Que la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu le Père et la communion du Saint-Esprit soient avec chacun d’entre vous, Amen !

« Ne jugez pas… et vous ne serez pas jugés. »

Ah ! Voilà des paroles qui sont « tendance », tout à fait dans l’esprit de notre époque. Comme ça fait du bien que notre Bible soit au goût du jour !
Aujourd’hui, il est très mal vu de juger. Ca ne se fait pas, c’est intolérant.
D’autant que le mot « juger » est compris comme « critiquer » voire « condamner ».

Et là encore, l’Evangile vient à la rescousse en rajoutant : « ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés ».
Arrêtons l’hypocrisie : tout le monde « juge ». Nous n’arrêtons pas de juger, tous les jours, tout le temps. Le conducteur devant qui roule toujours trop vite ou trop lentement, qui est « vraiment prudent alors », ou bien qui est un « fou du volant ». Maris, votre femme qui passe trop de temps au téléphone. Parents, vos enfants qui font des bêtises que vous n’auriez jamais eu idée de faire étant petits… Femmes, vos hommes qui perdent du temps sur des sujets futiles, comme la politique ou le sport. Jeunes, vos parents qui vous prouvent chaque jour qu’ils jouaient certainement avec les dinosaures quand ils étaient petits, tellement leur façon de voir est arriérée. Et puis bien sûr, mesdames et mesdemoiselles, cette nana que vous ne pouvez pas blairer et qui s’habille avec un tel mauvais goût, qu’on se demande ce que les hommes peuvent bien lui trouver, et messieurs, votre voisin dont vous jalousez la situation et la voiture, et dont les affaires ne doivent pas être très claires. Oui, vous jugez, même quand vous vous élevez contre le fait de juger les autres et que vous disez : « lui, c’est pas bien, il est toujours à juger les autres ». Oui, nous jugeons, nous critiquons, et nous condamnons. Et avec quoi ? Avec nos propres critères, puisque nous sommes « comme des dieux, connaissant le bien et le mal ». Jusqu’au moment de lucidité où nous reconnaissons combien nos critères sont relatifs : on est toujours un idiot ou un génie par rapport à l’autre, on est toujours le conservateur ou le facho de l’un et le révolutionnaire ou le gauchiste de l’autre. « On vous mesurera avec la même mesure dont vous mesurez », dit Jésus. Ah, dites-vous, voilà une belle phrase de sagesse ! Oui, c’est vrai, nous jugeons, et quelquefois, dans un élan d’honnêteté, nous nous disons que nous devrions être jugés de la même manière. Seulement voilà, nous en restons encore à cette manie de juger, même quand nous l’appliquons à nous mêmes.

Or qu’entendez-vous dans l’Evangile, quand il est dit : « Car c'est avec la mesure à laquelle vous mesurez qu'on mesurera pour vous en retour. » ou « Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés » : ce n’est pas dit clairement, mais on le lit très gros entre les lignes : c’est Dieu seul qui juge, c’est lui qui peut nous mesurer avec la mesure avec laquelle nous avons mesuré. Même si on peut aussi admettre l’autre sens, à savoir que les gens pourraient nous juger en retour, si nous jugeons.
Alors vous allez répéter après moi « je ne jugerai pas mon prochain ». Ce sera votre exercice. Y en a qui arrêtent de fumer, aujourd’hui vous allez arrêter de juger. Si vous avez du mal, vous pouvez mettre des patch (attention les Alsaciens, des patch, pas des badges) : par exemple vous pouvez lire un article ou un livre où l’auteur juge. Il y en a plein des articles, comme ça, de l’édito au courrier des lecteurs de votre « téléblatt », idem dans les DNA, sans parler de votre magazine féminin ou d’information. Mais vous, vous allez arrêter de juger.
Jésus dit cette parabole : « si un aveugle guide un aveugle, ne tomberont-ils pas dans une fosse ? ». Il en est ainsi de l’homme. Aux yeux de Dieu, l’homme semblerait aussi clairvoyant qu’une taupe qui regarde à contre-jour. Vous voyez le tableau.
Alors vous pouvez toujours dire que nous avons la Bible, les Saintes Ecritures bref, la Parole de Dieu, alors à la lumière de cette Parole nous ne sommes plus aveugles. Nous pouvons donc, dans certains cas, juger à coup sûr une personne qui a commis tel ou tel péché flagrant. Ouais. Notez que c’était très certainement ce que pensaient les pharisiens qui ont traîné une femme adultère devant le Seigneur Jésus. C’était écrit dans la Bible, dans la Loi de Moïse : une femme convaincue d’adultère doit être lapidée. Et là ils avaient une femme, et elle avait commis un adultère, donc il fallait la lapider. C’est peut-être un jugement lapidaire, mais il est correct. Les pharisiens sont tellement sûrs de leur coup, et ils ont bien raison de l’être, qu’on se demande pourquoi ils vont encore consulter Jésus là-dessus ! Réponse : pour le coincer, le forcer à condamner lui aussi cette femme, ou bien à se démasquer comme un révolutionnaire qui transgresse la Loi divine. La femme adultère plus Jésus, ce serait vraiment faire d’une pierre deux coups. Sauf qu’évidemment, quand il n’y a que deux issues, Jésus en trouve toujours une troisième : « que celui qui est sans péché lui jette la première pierre ».
Frères et sœurs, avant de juger un de nos frères, qui transgresse le 3ème commandement en consacrant le dimanche matin à la grasse matinée, au cyclisme ou à un job d’étudiant, ou une de nos sœurs, qui contrairement à d’autres ne peut pas cacher sa transgression du 6ème commandement parce que quoique jeune célibataire elle est enceinte jusqu’aux dents, oui, avant de juger notre frère ou sœur, en tant qu’église qui plus est, imaginons-nous que nous avons parfaitement, dans notre vieille nature pécheresse, les ressources pour faire au moins « aussi grave » que ce que notre frère ou sœur semble avoir commis. Vous vous sentez encore sans péché ? Alors, vous pouvez lui jeter la pierre !
A propos de pierre, St Paul, par l’Esprit du Seigneur, a parlé ainsi : « Ne nous jugeons donc plus les uns les autres; usez plutôt de votre jugement pour ne pas mettre devant votre frère une pierre d'achoppement ou une cause de chute. ». Alors oui, notre devoir d’Eglise est de mettre en garde ceux qui, par leur conduite, sont une occasion de scandale dans l’Eglise, mais de grâce, prenons garde, lorsque nous mettons le doigt sur un péché et que nous exhortons à la repentance, de ne pas être pour ce frère ou cette sœur là une pierre d’achoppement, une pierre de scandale. Nous pouvons juger que nous exposons la Loi de Dieu avec les meilleures intentions… « l’enfer est pavé de bonnes intentions », dit le proverbe, et ce n’est pas forcément nous qui foulerons ce pavé-là… non, notre rôle, c’est de ramener notre frère, notre sœur, à la pierre d’angle de l’Eglise, rien moins que Christ en personne.
Oui, avant de juger l’un de nos semblables, même Bible en main, prions parce que nous allons avoir sacrément besoin du Saint-Esprit pour endosser en toute infaillibilité cette responsabilité du jugement. Car quel disciple peut-il prétendre être plus grand que son maître ?
Alors oui, on en aurait besoin de l’Esprit du Seigneur, pour bien comprendre sa Parole et juger comme lui. En effet, « Le disciple n'est pas au-dessus du maître; mais tout disciple bien formé sera comme son maître. ». Ben tiens, justement, c’est quoi l’Esprit du Maître ?
L’Esprit du maître, c’est de dire aux pharisiens « que celui qui est sans péché lui jette la première pierre », et à la femme adultère « va, et ne pèche plus ».
J’ai parlé tout à l’heure de se mettre à la place du pécheur que nous jugeons, et de reconnaître d’abord que nous sommes tous des pécheurs. Eh bien ça, c’est l’esprit du maître. Parce qu’il s’est mis à notre place. Il est venu sur le terrain. Il ne s’est même pas drapé dans la prétention de tout savoir en tant que Dieu,… alors qu’en tant que Dieu, il savait tout. Mais il s’est mis dans la peau d’un homme, en vérité il est devenu un homme. Il a partagé la vie des pécheurs que nous sommes. Il a même fréquenté des gens que tout le monde reconnaissait – et rejetait – comme des pécheurs et des gens de mauvaise vie, eh bien, il est allé vers eux ! Il a mangé avec eux ! Il s’est tellement mis à la place des pécheurs que nous sommes qu’il est mort à notre place en portant nos péchés comme si c’était sa faute !
Vous voulez être comme Dieu ? Alors, ne vous faites pas plaisir à juger comme Dieu peut juger, mais commencez comme lui par vous faire souffrir à aimer les pécheurs… comme Dieu a aimé, comme Dieu les aime !
La vie quand on a la foi, c’est un peu comme le Tour : vous avez été sélectionné pour le courir, encore faut-il arriver sur les Champs Elysées. Et ce qu’on attend de vous, tant que vous y êtes, c’est de mouiller le maillot ! C’est dur, mais c’est tellement plus gratifiant ! Le pèlerinage de la foi, c’est cent fois plus exaltant que le Tour de France. Vous n’offrez pas seulement du rêve ou un exemple aux gens, mais Dieu désire que vous offriez une espérance éternelle et que vous apportiez un changement radical, pour le meilleur, dans la vie des gens… et à commencer par votre propre vie. C’est la puissance de l’Evangile qu’il vous a remise.
Alors, « Ne jugez pas, et vous ne serez jamais jugés; ne condamnez pas, et vous ne serez jamais condamnés »
Mais « Absolvez, et vous serez absous. Donnez, et l'on vous donnera; on versera dans la grande poche de votre vêtement une bonne mesure, serrée, secouée et débordante; car c'est avec la mesure à laquelle vous mesurez qu'on mesurera pour vous en retour. »
Oui cette phrase « car c'est avec la mesure à laquelle vous mesurez qu'on mesurera pour vous en retour », elle a sa face positive, et c’est celle-là que le Seigneur veut vous donner de pratiquer et vivre : « Donnez, et l'on vous donnera; on versera dans la grande poche de votre vêtement une bonne mesure, serrée, secouée et débordante; » Quand Dieu donne, il donne : contrairement à ce qu’on pense, il ne donne pas juste ce qu’il faut, il donne avec joie, en abondance, comme dans la pèche miraculeuse, pour que vous connaissiez sa gloire, et votre cœur explose de louange. Replacez vous dans l’Antiquité et imaginez-vous : on verse dans le pli de votre manteau, de votre cape, une bonne mesure : elle est serrée, donc bien tassée, secouée, donc tassée et sans impureté, rien que du grain pas de paille, et malgré cela, elle déborde encore. Voilà comment Dieu donne. Alors donnez, et vous verrez comment Dieu donne. Donnez comme Dieu donne, et vous verrez comment il donne à travers vous. Donnez de l’amour. Donnez son Amour. Avec Amour, allez à la rencontre des pécheurs, comme il l’a fait. Allez-y pour lui. Allez-y comme lui. Vous y irez avec lui.
Car vous verrez, tout est grâce. Joseph n’était pas un croyant modèle, un saint : il était orgueilleux, son orgueil l’a perdu et Dieu s’est servi de cela pour briser cet orgueil. Simplement, Joseph s’est accroché à la foi. Il a persisté à croire en Dieu, sans se révolter contre le Seigneur malgré les malheurs qu’il a connus, vendu en esclavage par ses frères puis emprisonné parce qu’il avait été trop honnête. Joseph s’est attaché à faire fidèlement ce qui plaisait à Dieu, alors qu’humainement il aurait pu tout prendre et être… le plus puissant des esclaves de Potiphar. Mais non, Joseph a tout perdu pour ne pas perdre Dieu… et Dieu l’a élevé pour être vice-roi du pays le plus puissant du monde de l’époque… et pour sauver ces fameux frères qui l’avaient vendu, mais que le Seigneur avait choisi comme ancêtres des tribus d’Israël.
Donnez, mettez en pratique la Parole de Dieu, en fait, laissez simplement sa grâce agir en vous puis à travers vous.
Il y a un Joseph qui sommeille en vous… en fait, il y a Christ qui veut vivre en vous !

Que la Paix de Dieu qui surpasse toute intelligence garde vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ pour la vie éternelle… AMEN

Pasteur Philippe VOLFF



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